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Vu le 13, parti le 13. La chance !

  • Photo du rédacteur: Roland J. Keller
    Roland J. Keller
  • il y a 11 heures
  • 4 min de lecture

Voir une fusée s’élancer vers l’ISS à l’aube… puis courir vers un vol transatlantique le même jour. Vendredi 13 février 2026 : double trajectoire, double adrénaline.


Voir une fusée s’élancer vers l’ISS à l’aube… puis courir vers un vol transatlantique le même jour. Vendredi 13 février 2026 : double trajectoire, double adrénaline.
Voir une fusée s’élancer vers l’ISS à l’aube… puis courir vers un vol transatlantique le même jour. Vendredi 13 février 2026 : double trajectoire, double adrénaline.

[Cape Canaveral, February 13, 2026, English below] – Les attentes les plus longues, lorsqu’on pointe un téléobjectif vers une fusée, ce sont les trois dernières minutes. Le monde se rétrécit au viseur. L’œil ne quitte plus le cadre. L’index effleure à peine la bague de mise au point.

 

Tout devient mécanique, presque chirurgical. Et pourtant, le cœur, lui, accélère. Ce vendredi 13, j’étais planté au bord d’une petite lagune de l’US Space Force, le long du Loop Road. Une position presque irréelle. Après deux nuits ouatées, le ciel s’était enfin dégagé. Limpide. Noir profond. À vol d’oiseau, nous devions être à moins de trois miles, environ cinq kilomètres. Une proximité presque indécente.

 

Lorsque les moteurs Merlin se sont allumés, la nuit a basculé. La Falcon 9 a jailli comme une colonne de lumière. À cet instant précis, j’ai eu l’impression physique de pouvoir la toucher. Comme si le téléobjectif n’était plus une distance, mais un lien. Puis elle s’est élevée, droite, souveraine. Le bruit a fini par nous rattraper. Et soudain, la séparation.

 

Une gerbe lumineuse dans l’obscurité, des nuages déchirés et éclairés de l’intérieur, des volutes presque irréelles. Autour de moi, silence incrédule. Nous étions tous « baba ». Là-haut, la scène ressemblait à un tableau de Van Gogh peint au kérosène.

 

Crew-12 a décollé avec succès ce vendredi 13 février 2026 à 5 h 15 (EST), 11 h 15 en Suisse, depuis Cap Canaveral, à bord d’une capsule Dragon propulsée par une Falcon 9 de SpaceX, en direction de l’ISS pour environ huit mois de mission. À bord : Jessica Meir et Jack Hathaway pour la NASA, la Française Sophie Adenot pour l’ESA, ainsi qu’Andrey Fedyaev pour Roscosmos. Une mission dense, tournée vers la recherche en microgravité et la continuité scientifique en orbite basse.

 

À peine la lumière de la séparation dissipée, la réalité a repris ses droits. Retour immédiat sur le site pour récupérer les Remote cameras. Pas de place pour la contemplation. Démonter, sécuriser, ranger. Chaque minute compte. La mission continue en orbite, la mienne file déjà vers le sud. Direction le News Center, près du VAB. J’aurais aimé assister à la conférence de presse post-lancement. Impossible. Le timing était trop serré.

 

Là encore, la NASA a joué collectif. Un coup de main discret, efficace. On me ramène illico vers le PIDs, la zone d’accréditation. Les badges sont rendus presque aussi vite qu’ils avaient été délivrés.

 

Puis tout s’accélère. Hôtel. Check-in express. Valise refermée en moins de temps qu’un compte à rebours. Voiture rendue à Miami. Regard furtif vers le ciel.

 

Pendant que Crew-12 filait vers l’ISS, je fonçais vers le terminal. Swiss LX65. Embarquement. Just in time. À 11 h 15 en Suisse, la capsule était déjà en route vers l’orbite. Quelques heures plus tard, moi aussi… mais en sens inverse.


À 5 h 15 en Floride, Crew-12 quittait la Terre. Quelques heures plus tard, je quittais le Cap. Deux trajectoires opposées, un même jour.
À 5 h 15 en Floride, Crew-12 quittait la Terre. Quelques heures plus tard, je quittais le Cap. Deux trajectoires opposées, un même jour.

Seen on the 13th. Gone on the 13th. Lucky me

 

Watching a rocket climb toward the ISS at dawn… then sprinting to catch a transatlantic flight the very same day. Friday, February 13, 2026: two trajectories, double adrenaline.



The longest wait, when you’re aiming a long lens at a rocket, is the final three minutes.

The world shrinks inside the viewfinder. Your eyes doesn’t blink. Your fingertip barely grazes the focus ring. Everything becomes mechanical. Surgical. And yet, your heart speeds up.

 

That Friday the 13th, I was standing by a small lagoon on U.S. Space Force property, along Loop Road. A nearly unreal vantage point. After two hazy nights, the sky had finally cleared. Deep black. Crystal sharp. We were likely under three miles awa, about five kilometers as the crow flies. Close enough to feel almost indecent.

 

When the Merlin engines ignited, the night flipped. Falcon 9 erupted like a pillar of light. In that instant, I had the physical sensation that I could reach out and touch it. The telephoto lens no longer felt like distance… it felt like connection. She rose straight and sovereign. The sound caught up seconds later. And then… stage separation.

A luminous burst into the darkness. Clouds ripped open and lit from within. Swirls of fire and vapor twisting like something painted across the sky. Around me: stunned silence. We were all just… speechless. Up there, it looked like a Van Gogh painting with kerosene.

 


Crew-12 lifted off successfully at 5:15 a.m. EST (11:15 a.m. in Switzerland) from Cape Canaveral aboard a Dragon capsule powered by a SpaceX Falcon 9, heading toward the ISS for roughly eight months. On board: NASA astronauts Jessica Meir and Jack Hathaway, ESA astronaut Sophie Adenot of France, and Roscosmos cosmonaut Andrey Fedyaev. A mission packed with microgravity research and orbital continuity.

 

But barely had the glow of separation faded before reality snapped back in. Straight back to the launch site to retrieve the remote cameras. No time to linger. Pack. Secure. Move. Every minute mattered. The mission was climbing to orbit. Mine was heading south.

 

Next stop: the News Center near the VAB. I would have loved to attend the post-launch press conference. No chance. The clock was unforgiving.NASA stepped in, quietly and efficiently. A quick ride back to the PIDs accreditation area. Badges returned almost as fast as they had been issued.

 

Then everything accelerated. Hotel. Express check-in. Suitcase closed in less time than a countdown. Car returned in Miami. One last glance at the sky. While Crew-12 was racing toward the ISS at 17,500 miles per hour, I was racing toward the terminal.

Swiss LX65. Boarding. Just in time. At 11:15 a.m. in Switzerland, the capsule was already en route to orbit. A few hours later, so was I… only in the opposite direction.


Return of the first rocket stage.
Return of the first rocket stage.

 
 
 
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Bonne lecture !

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