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Artemis II - Crew 12 : après des tracas, cap au Cap

  • Photo du rédacteur: Roland J. Keller
    Roland J. Keller
  • il y a 19 heures
  • 6 min de lecture

Refus d’accréditation pour Artemis II, feu vert pour Crew-12, doutes à l’embarquement, surprise à la douane et contretemps en série à l’arrivée : ce séjour floridien n’a pas commencé comme prévu. Mais en reportage spatial, l’imprévu fait partie du voyage – parfois même de l’histoire.

Au départ de Zurich, lundi 2 février 2026. Vue du hublot 28A.
Au départ de Zurich, lundi 2 février 2026. Vue du hublot 28A.

 

[Cape Canaveral, February 4, 2026] – English below. – Les préparatifs de ce séjour floridien n’ont pas commencé par un feu vert, mais par un contretemps. Le refus d’accréditation sur site pour Artemis II, notifié par la NASA, a d’abord laissé un goût d’inachevé. Après des décennies de pas de tir et 45 lancements, de badges plastifiés et de contrôles de sécurité, se retrouver soudain « hors périmètre » a eu quelque chose de déstabilisant. Un moment de flottement, presque de doute. Puis, quelques jours plus tard, l’acceptation pour Crew-12 est tombée. Un autre badge, un autre calendrier, une autre mission. Différente, certes, mais bien réelle. Et surtout, l’occasion de rappeler qu’en reportage spatial, il faut savoir composer avec l’imprévu, ajuster sa trajectoire et transformer une contrainte en angle éditorial.

 

D’emblée, je savais que débarquer aux États-Unis en ce moment ne serait pas tout à fait « comme d’habitude ». Le contexte politique n’y est pas étranger. Je m’attendais même au pire. Lors de mon précédent séjour, en mars 2025, on m’avait volé des documents personnels contenant une photocopie de mon passeport et de mon VISA de cinq ans, valable jusqu’en 2029. Rien qu’une copie, certes. Mais suffisamment pour nourrir un doute tenace : et si quelqu’un avait tenté une usurpation d’identité ? Dans ce genre de situation, l’incertitude voyage avec vous, bien avant l’avion.

 

J’ai donc pris le parti de réserver malgré tout mon billet. Un vol direct, en Ecoflex, avec Swiss, le LX64 comme à l’accoutumée, de Zurich à Miami. Départ prévu à 12h50, heure suisse. Ce lundi 2 février 2026, le trajet s’est déroulé sans histoire ni turbulences notables en Boeing 777 — ce qui relève presque de l’exception lorsqu’on survole le Groenland ou l’axe de New York. Arrivée à Miami à 17h12, pile à l’heure, grâce à un léger raccourci sous l’Irlande. Vents de face marqués sur l’Atlantique, autour de 100 km/h, puis bien plus cléments une fois sur le continent américain. Côté confort, j’avais de la place : les deux sièges à ma droite sont restés libres. Un luxe appréciable, même si l’appareil, dans l’ensemble, était quasi plein.

 

Une fois atterri, presque comme une fleur, a commencé le long parcours dans les couloirs mal feutrés menant à la douane – et le mot n’est pas trop fort. Les quarante postes de contrôle, rien que ça, étaient tous opérationnels pour absorber une véritable marée de voyageurs. De mémoire, je n’ai jamais vu autant de monde. Une foule compacte, contrainte de se faufiler lentement dans un interminable serpentin. Moi qui pensais que les États-Unis attiraient désormais moins de visiteurs, j’en suis resté stupéfait.

 

Le moment fatidique, tant redouté, est alors arrivé : le passage devant le douanier. Selon sur qui l’on tombe, l’exercice peut vite tourner à la galère, l’humeur faisant loi. Première surprise –  et ce n’est pas le cas en Suisse – aux États-Unis, chaque agent commence par un très humain « How are you? ».

Passage obligé devant la caméra, sorte de selfie fédéral, mais sans prise d’empreintes digitales cette fois. Puis viennent les questions. Le regard plongé dans les pages de mon passeport, le douanier relève : « Mais vous travaillez pour les médias… je vois un VISA de type I. »

Oui. Reporter-photo. Pour les lancements d’Artemis II de la NASA et de Falcon 9 de SpaceX — « SpaiceAix », comme ils disent ici. Réaction immédiate :

« Oh, alors vous allez à Cap Canaveral ? J’ai déjà essayé de photographier un décollage de fusée de loin, mais de nuit, c’est compliqué », me confie l'agent de douane.

Et voilà comment l’entretien se transforme en discussion à bâtons rompus, dont je ne voyais plus vraiment la fin, tandis que la file derrière moi s’interrogeait sans doute sur la nature de cet échange prolongé. Puis le verdict tombe. Tampon apposé. Pan. Je crois bien n’avoir jamais aussi bien passé une douane américaine. Vous avez dit restrictions ?

 

Vient ensuite le passage par la récupération des bagages. Une fois les pieds hors douane, le soulagement est réel. Mais le répit est de courte durée. Le long escalier roulant menant au parc à voitures étant en rénovation, il a fallu marcher près de deux kilomètres pour rejoindre le métro interne. Là, nouveau contretemps : le poste de contrôle refuse d’abord mon voucher, jugé non valable. Trois quarts d’heure de vérifications, trois intervenants différents, et enfin le feu vert.

Me voilà finalement au volant d’une Jeep Compass, cap sur Cap Canaveral. Première nuit dans un hôtel quasi miteux à Fort Lauderdale – juste de quoi dormir. Le lendemain, je me replie sur une solution plus durable : un hôtel studio, calme, avec vue imprenable sur un lac… habité par quelques alligators. La Floride, version carte postale. Ou presque.

Vue de mon hôtel.
Vue de mon hôtel.

 

After the Headaches, Heading for the Cape

Accreditation was denied for Artemis II for me, green light for Crew-12, doubts at boarding, a surprise at customs, and a string of hiccups upon arrival—this Florida trip didn’t exactly start as planned. But in space reporting, the unexpected is part of the journey. Sometimes, it even becomes part of the story.


On Miami.
On Miami.

The preparations for this Florida trip didn’t begin with a green light, but with a setback. The on-site accreditation denial for Artemis II, issued by NASA, initially left a bitter aftertaste. After decades spent around launch pads—45 launches in total—plastic badges and security checkpoints, suddenly finding myself “out of bounds” felt unsettling. A brief moment of hesitation. Almost doubt.

 

Then, a few days later, the approval for Crew-12 came through. A different badge. A different timeline. A different mission. Not the same one, sure—but a very real one nonetheless. And above all, a reminder that in space reporting, you have to roll with the punches, adjust your trajectory, and turn constraints into editorial angles.

 

From the outset, I knew that landing in the U.S. right now wouldn’t feel quite “business as usual.” The political climate plays a role, no question. I was bracing for the worst. During my previous trip in March 2025, personal documents had been stolen—including a photocopy of my passport and my five-year media visa, valid until 2029. Just a copy, sure. But enough to plant a nagging thought: what if someone tried to use it? In situations like that, uncertainty boards the plane with you—long before takeoff.

 

So I took the gamble and booked the ticket anyway. A nonstop Swiss flight, LX64, Ecoflex as usual, from Zurich to Miami. Scheduled departure: 12:50 p.m. Swiss time. On Monday, February 2, 2026, the flight was smooth and uneventful aboard a Boeing 777—which is almost a small miracle when crossing Greenland or the New York corridor. Touchdown in Miami at 5:12 p.m., right on time, thanks to a slight shortcut south of Ireland. Strong headwinds over the Atlantic—around 100 km/h—then much calmer once over U.S. airspace. Comfort-wise, I lucked out: the two seats to my right stayed empty. A rare luxury, even though the plane itself was nearly full.

 

Once on the ground—almost landing on a cloud—the long trek through the poorly carpeted corridors leading to customs began. And that’s no exaggeration. All forty inspection booths—yes, forty—were up and running, trying to process a tidal wave of travelers. I honestly can’t recall ever seeing that many people. A dense crowd inching forward through an endless serpentine line. I had assumed the U.S. wasn’t pulling in as many visitors these days. Turns out, I was dead wrong.

 

Then came the moment I’d been dreading: facing the customs officer. Depending on whom you get, it can be smooth sailing—or a real pain, mood permitting. First surprise—and this is not how it works in Switzerland—every U.S. officer starts with a very human, “How are you?”

Mandatory camera shot follows a kind of federal selfie—no fingerprints this time. Then the questions. Flipping through my passport, the officer pauses: “So… you work in media. I see a Type I visa.”

 

That’s right. Photojournalist. Covering Artemis II launches for NASA and Falcon 9 missions for SpaceX—“Space-X,” pronounced Spaice-Aix, local style.

Immediate reaction: “Oh, so you’re heading to Cape Canaveral? I once tried shooting a launch from far away, but man, night launches are tough,” he tells me. And just like that, the interview turns into an open-ended chat—one that seemed to stretch on forever—while the line behind me probably wondered what on Earth we were talking about.

Then the verdict. Stamp down. Thump.

Honestly, I don’t think I’ve ever cleared U.S. customs that smoothly. Restrictions, you said?

Next stop: baggage claim. Once past customs, the relief is real—but short-lived. With the long escalator to the rental car center under renovation, we had to walk nearly two kilometers to reach the internal shuttle. There is another snag: my voucher initially came up as invalid. Forty-five minutes of checks, three different staff members, and finally—green light.

At last, I’m behind the wheel of a Jeep Compass, heading for Cape Canaveral. First night: a borderline sketchy hotel in Fort Lauderdale—just enough to crash. The next day, I relocate to something more sustainable: a quiet studio hotel, with an unobstructed view of a lake… inhabited by a few alligators.

Florida, postcard version.Almost.


 
 
 
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Bonne lecture !

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