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D’Apollo 8 à Artemis II : la Lune à travers l’objectif

  • Photo du rédacteur: Roland J. Keller
    Roland J. Keller
  • 6 avr.
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

De l’Hasselblad 70 mm de Bill Anders au Nikon D5 embarqué dans Orion, la photographie lunaire raconte aussi l’évolution du regard spatial. Entre le surgissement instinctif de « Earthrise » en 1968 et les outils numériques robustes retenus pour Artemis II, une chose ne change pas : en mission, une grande image reste toujours une affaire de timing, d’œil et de présence d’esprit.


La Lune à travers le hublot de la cabine Orion, le 6 avril 2026. - PHOTO NASA
La Lune à travers le hublot de la cabine Orion, le 6 avril 2026. - PHOTO NASA

[Courrendlin, Jura, Suisse, 6 avril 2026 – English below] - Apollo 8 fut la première mission Apollo à utiliser des Hasselblad EL électriques modifiés. Selon la NASA, l’équipage emportait deux Hasselblad EL, chacun équipé d’un objectif Zeiss Planar 80 mm f/2.8, ainsi qu’un objectif Sonnar 250 mm f/5.6. Les appareils utilisaient du film 70 mm, et leur motorisation permettait d’automatiser une partie du geste photographique : après le déclenchement, le film avançait automatiquement et l’obturateur se retendait.


Pour Earthrise, les sources concordent sur l’usage d’un Hasselblad 500EL modifié chargé en film 70 mm, avec un 250 mm pour l’image emblématique. La NASA rappelle aussi qu’un autre Hasselblad, muni d’un 80 mm, était monté dans une fenêtre avant et photographiait la Lune à intervalles réguliers.


Les photos officielles de la NASA le 6 avril 2026.



Avec un œil de photo-journaliste, Apollo 8 prend une saveur particulière. On n’est pas seulement devant une image devenue mythique, mais face à un vrai moment de terrain, saisi dans des conditions étroites, techniques, presque improvisées, avec un matériel pensé pour aller vite et tenir bon dans un environnement où rien n’est simple.


C’est aussi ce qui rend Earthrise si captivante. Bill Anders ne photographie pas une scène patiemment préparée comme on construirait une image de studio. Il réagit à une apparition. Depuis le hublot latéral droit, il voit surgir la Terre au moment d’une rotation du vaisseau. Il saisit alors son Hasselblad, équipé d’un 250 mm, et bascule sur le film couleur pour capter la scène. À bord, Apollo 8 emportait deux Hasselblad EL modifiés, avec leurs 80 mm standard et un téléobjectif Zeiss Sonnar 250 mm interchangeable. Le système motorisé avançait le film automatiquement : un détail technique, certes, mais un détail précieux quand chaque seconde compte.


Vu ainsi, on est déjà très proche du photojournalisme pur. Il faut lire l’instant, comprendre ce qui se passe, choisir vite la bonne focale, cadrer dans l’urgence et déclencher avant que le moment ne disparaisse. Pas d’écran arrière, pas de deuxième chance immédiate, pas de rafale à rallonge pour se rassurer. Juste l’œil, l’instinct, la technique et un événement visuel qui ne prévient pas. C’est sans doute pour cela que Earthrise a dépassé le simple statut de document spatial.

La photo est devenue bien plus qu’une belle vue prise depuis Apollo 8. Elle s’est imposée comme une image de référence sur la fragilité de la Terre et sur notre manière de la regarder autrement.

Pour un photo-journaliste, c’est un cas d’école : une image dont la force vient autant de ce qu’elle montre que de la manière dont elle a été arrachée au réel. Et c’est peut-être là que le fil rejoint Artemis II : entre l’argentique d’hier et les flux numériques d’aujourd’hui, la grande photographie reste toujours une affaire de regard, de timing et de présence d’esprit.


Pour Artemis II, la NASA reste sur des Nikon D5 embarqués dans Orion pour les prises de vue à la main. Des documents NASA sur l’imagerie d’Orion mentionnent deux boîtiers Nikon D5 à bord, et des travaux de préparation scientifique pour le survol lunaire d’Artemis II parlent explicitement de photographie avec des Nikon D5 portés à la main.

En revanche, le Nikon Z9 est bien devenu un élément central de la stratégie image de la NASA pour l’ISS et pour les futures missions lunaires, et il sert surtout de base au développement de la Handheld Universal Lunar Camera destinée aux missions de surface Artemis, à commencer par Artemis III. La NASA et Nikon l’ont confirmé officiellement en 2024.


Pour Artemis II, ce sont ainsi des Nikon D5 professionnels qui prennent place à bord d’Orion. Des documents techniques de la NASA mentionnent deux boîtiers embarqués pour la mission, utilisés pour les observations lunaires et les prises de vue à travers les hublots. Le choix n’a rien d’un gadget dernier cri : il repose sur une machine robuste, éprouvée, capable de bien tenir les forts contrastes, les zones très sombres et les surfaces violemment éclairées.


Vu sous l’angle du photo-journalisme, le contraste avec Apollo 8 est savoureux. En 1968, l’équipage travaillait au film 70 mm, avec très peu d’optiques, aucune vérification immédiate et une marge d’erreur minimale. Avec Artemis II, on reste dans une philosophie de mission où chaque image compte, mais l’outil a changé d’époque : capteur plein format, souplesse numérique, plus grande latitude opérationnelle, sans pour autant sacrifier la robustesse. Ce n’est pas la nouveauté pour la nouveauté qui guide le choix, mais la capacité à produire des images exploitables dans un environnement extrême.


L'astronaute Christina Koch dans Artemis II. Image prise avec un iPhone 17 Pro Max. - PHOTO NASA
L'astronaute Christina Koch dans Artemis II. Image prise avec un iPhone 17 Pro Max. - PHOTO NASA

Du Hasselblad à l’iPhone

En matière d’image embarquée, le contraste entre Apollo 8 et Artemis II vaut presque à lui seul un petit récit parallèle. En 1968, la NASA confiait le regard lunaire à des Hasselblad modifiés, chargés en film 70 mm, dans un univers où chaque déclenchement comptait. En 2026, Orion emporte toujours des boîtiers professionnels éprouvés, notamment des Nikon D5, mais aussi des GoPro… et même des iPhone 17 Pro Max dûment certifiés pour le vol. Pas question, toutefois, de laisser ces smartphones jouer les touristes lunaires : mode avion permanent, wi-fi et bluetooth désactivés, système strictement verrouillé. Ils servent surtout pour des usages réflexes, de la photo, de la vidéo et de la prise de notes à bord. Pendant ce temps, détail savoureux pour les amateurs d’informatique vintage, l’ordinateur de bord d’Orion reste piloté par un processeur PowerPC 750FX renforcé, héritier lointain du G3 des iBook. Autrement dit : dans la capsule la plus moderne du programme lunaire, l’image tutoie l’iPhone, tandis que le pilotage garde un petit parfum de musée technique.


Un selfie pris par l'astronaute Victor Glover avec l'iPhone 17 Pro max. - PHOTO NASA TV
Un selfie pris par l'astronaute Victor Glover avec l'iPhone 17 Pro max. - PHOTO NASA TV

Digitec : un excellent article sur l'utilisation des appareils photos :


Mes interventions sur la radio RJB-RFJ-RTN:


From Apollo 8 to Artemis II: The Moon Through the Lens


From Bill Anders’ 70 mm Hasselblad to the Nikon D5 aboard Orion, lunar photography also tells the story of how the spacefaring eye has evolved. Between the instinctive capture of Earthrise in 1968 and the rugged digital tools selected for Artemis II, one thing has not changed: on a mission, a great image is still a matter of eye, timing, and presence of mind.


As NASA’s photo department grew rapidly, contact with the Swedish camera manufacturer broadened. In turn, Hasselblad modified and refined its cameras to make them even more suitable for space use, experimenting with different constructions and lenses. For many years, NASA was determined to cut every superfluous gram from the payload, meaning that the Hasselblads onboard were forced to be as lightweight and lean as absolutely possible and still maintain the famous Hasselblad quality. And this they did. - PHOTO NASA - HASSELBLAD
As NASA’s photo department grew rapidly, contact with the Swedish camera manufacturer broadened. In turn, Hasselblad modified and refined its cameras to make them even more suitable for space use, experimenting with different constructions and lenses. For many years, NASA was determined to cut every superfluous gram from the payload, meaning that the Hasselblads onboard were forced to be as lightweight and lean as absolutely possible and still maintain the famous Hasselblad quality. And this they did. - PHOTO NASA - HASSELBLAD

pollo 8 was the first Apollo mission to use modified electric Hasselblad EL cameras. According to NASA, the crew carried two Hasselblad ELs, each fitted with a Zeiss Planar 80 mm f/2.8 lens, along with a Sonnar 250 mm f/5.6 telephoto lens. The cameras used 70 mm film, and their motorized design automated part of the photographic process: after each exposure, the film advanced automatically and the shutter was recocked.

For Earthrise, sources agree that a modified Hasselblad 500EL loaded with 70 mm film was used, with the 250 mm lens for the now-iconic image. NASA also notes that another Hasselblad, fitted with an 80 mm lens, was mounted at a forward window and photographed the Moon at regular intervals.


Seen through the eyes of a photojournalist, Apollo 8 takes on a special flavor. We are not simply looking at a picture that became historic. We are looking at a real field moment, captured in tight, technical, almost improvised conditions, with equipment designed to be fast, reliable, and manageable in an environment where nothing comes easily.


That is also what makes Earthrise so compelling. Bill Anders was not photographing a carefully staged scene the way one might build an image in a studio. He was reacting to an apparition. Through the right-side window, he saw Earth suddenly rise into view during a spacecraft rotation. He grabbed the Hasselblad fitted with the 250 mm lens and switched to color film to capture the scene. Aboard Apollo 8 were two modified Hasselblad ELs, their standard 80 mm lenses, and the interchangeable Zeiss Sonnar 250 mm telephoto. The motorized system advanced the film automatically. A technical detail, yes, but a precious one when every second mattered.


Looked at this way, the process is already very close to pure photojournalism. You have to read the moment, understand what is happening, quickly choose the right focal length, frame under pressure, and release the shutter before the scene disappears. No rear screen. No instant second chance. No endless burst mode for reassurance. Just the eye, instinct, technique, and a visual event that gives no warning.


That is probably why Earthrise went far beyond the status of a simple space document. The photograph became much more than a beautiful view taken from Apollo 8. It established itself as a defining image of Earth’s fragility and of the way we see our world differently from afar. For a photojournalist, it is almost a textbook case: an image whose power comes as much from the circumstances in which it was seized as from what it actually shows.


And that may be where the thread connects to Artemis II. Between the film era of yesterday and today’s digital image flows, great photography remains, above all, a matter of vision, timing, and presence of mind.


Le Haaselblad 500 EL d'Apollo 8. - Source : http://www.capcomespace.net/
Le Haaselblad 500 EL d'Apollo 8. - Source : http://www.capcomespace.net/

For Artemis II, NASA is relying on Nikon D5 cameras aboard Orion for handheld photography. NASA documents on Orion imaging mention two Nikon D5 bodies on board, and scientific preparation work for Artemis II’s lunar flyby explicitly refers to handheld photography using Nikon D5 cameras.


As for the Nikon Z9, more caution is needed. It has indeed become a key part of NASA’s imaging strategy for the ISS and for future lunar missions, and it serves above all as the basis for the Handheld Universal Lunar Camera intended for Artemis surface missions, beginning with Artemis III. NASA and Nikon officially confirmed that direction in 2024.


So for Artemis II, it is the professional Nikon D5 that takes its place inside Orion. NASA technical documents refer to two camera bodies aboard the mission, used for lunar observations and photography through the spacecraft windows. The choice has nothing to do with flashy gadgetry. It is built around a proven, rugged machine capable of handling extreme contrast, very dark areas, and violently lit surfaces.


From a photojournalism perspective, the contrast with Apollo 8 is delicious. In 1968, the crew worked with 70 mm film, very few lenses, no immediate image review, and almost no room for error. With Artemis II, the mission still follows the same philosophy, every image matters, but the tool belongs to another era: full-frame sensor, digital flexibility, greater operational latitude, yet without sacrificing robustness. What drives the choice is not novelty for novelty’s sake, but the ability to produce usable images in an extreme environment.


Modernity, meanwhile, is entering through another door. The Nikon Z9 has emerged at NASA as a next-generation platform, already used for imaging aboard the ISS and selected as the basis for the future handheld lunar camera intended for Artemis surface missions. That evolution is meant to combine still photography and video in a single mirrorless device, whereas Apollo still kept those uses clearly separate. In other words, for Artemis II NASA is betting on a camera body that has already proved itself. For tomorrow’s Moon, it is already preparing a more versatile tool.


Why this DSLR released in 2016 rather than a state-of-the-art mirrorless camera? Because in space, reliability is paramount. The D5 is a “tank” certified to withstand radiation, and the astronauts know it inside and out. It comes with a 14-24mm lens for the cabin and an impressive 80-400mm lens for shooting lunar craters. - PHOTO NIKON. - Source : https://www.frandroid.com/culture-tech/espace/3049953_artemis-ii-pour-filmer-la-lune-la-nasa-utilise-des-smartphones-action-cam-et-reflex-quon-peut-acheter-dans-le-commerce
Why this DSLR released in 2016 rather than a state-of-the-art mirrorless camera? Because in space, reliability is paramount. The D5 is a “tank” certified to withstand radiation, and the astronauts know it inside and out. It comes with a 14-24mm lens for the cabin and an impressive 80-400mm lens for shooting lunar craters. - PHOTO NIKON. - Source : https://www.frandroid.com/culture-tech/espace/3049953_artemis-ii-pour-filmer-la-lune-la-nasa-utilise-des-smartphones-action-cam-et-reflex-quon-peut-acheter-dans-le-commerce

 
 
 

Commentaires


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Bonne lecture !

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